Quel avenir pour les licences de science politique ?
Mobilisation & Appel à témoignages

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Février 2013

Arrêté du 4 février 2014 fixant la nomenclature des mentions du diplôme national de master
Consulter l'arrêté...

Le point de vue d'une juriste...
Des mentions du diplôme national de master de Droit ou la fermeture des recherches en Sciences juridiques... Arr. 4 févr. 2014 - nomenclature des mentions du diplôme national de master. par Geneviève Koubi
"L’arrêté du 4 février 2014 fixant la nomenclature des mentions du diplôme national de master resserre les études de droit sur des dénominations exclusivement positivistes..."
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Novembre 2013
Mobilisation autour de la réhabilitation des diplômes
Plusieurs responsables pédagogiques de Licence 3 de science politique ont alerté l'AFSP sur les difficultés qu'ils rencontrent avec le Ministère au moment de la réhabilitation des diplômes. La nouvelle nomenclature des diplômes semble inciter le Ministère à mettre fin tant aux licences dites "suspendues" (ie sans L1 ni L2 de science politique), qu'à certains diplômes de Licence de "Droit et science politique".
Il est donc urgent de se mobiliser collectivement afin de défendre la place de notre discipline dans la nouvelle architecture universitaire des diplômes. Nous vous invitons à nous faire part au plus vite de la situation dans votre établissement afin de renseigner cette page du site de l'Association dédiée à l'avenir des licences de notre discipline en communiquant votre information à Isabelle Rocca (isabelle.rocca@sciences-po.fr).
Dès l'information centralisée, l'Association en lien avec les autres associations de la discipline, interviendra auprès du Ministère et vous proposera dans le cadre de nos prochaines Assises (2-3 avril 2014) une action spécifique.

Lettre concernant la campagne de réhabilitation des diplômes de science politique envoyée au Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche par l’AECSP, l’AFSP etl’ANCMSP.
Objet : "Campagne de réhabilitation des diplômes de science politique”
Date d’envoi : 3 décembre 2013
Télécharger la lettre...


Les témoignages reçus...

Merci de communiquer toutes vos informations utiles à l'adresse suivante : isabelle.rocca@sciences-po.fr

Etablissement concerné
Informations & Documents

Université
Paris 1
Panthéon-Sorbonne

Le ministère ayant refusé que nous conservions en l'état notre licence "suspendue", nous avons été contraints de mettre en place un DEUG de science politique dont la première rentrée aura lieu en septembre 2014. Ce DEUG de science politique prend appui sur le DEUG de droit existant (dont les enseignements sont mutualisés) dans sa "dominante" de science politique. En substance, toutes les matières  de science politique offertes en option dans le DEUG de droit deviennent obligatoires dans le DEUG de science politique, et nous avons ajouté trois cours nouveaux : Sociologie des conflits internationaux (1ère année), Enjeux de l'action publique et Introduction aux études sur le genre (2ème année). A l'issue du DEUG de science politique, les étudiant-es ayant suivi ce cursus peuvent s'inscrire en L3 de science politique (inchangée) mais peuvent également s'orienter vers une double L3 Droit/Science politique ou bien une L3 en droit. La capacité d'accueil de ce DEUG de science politique est limitée à 90 places. Nous conservons bien sûr nos bi-licences Histoire/Science politique et Philosophie/Science politique (sur 3 années) et nos bi-licences Droit/Science politique et Economie/Science politique (ouvertes uniquement en L3).

Vous trouverez ici un tableau présentant le programme de cette nouvelle licence en science politique.

Bastien François
Professeur des universités
Directeur du département de science politique de la Sorbonne
Université
Rennes 1

A la Faculté de droit et science politique de l'université Rennes 1, nous avons été informés par la Vice-Présidente au CEVU, le mardi 26 novembre 2013, de la décision ferme du Ministère de fermer notre Licence 3 en science politique dès septembre 2014. Ce en raison, nous dit-on, d'une décision ministérielle de fermeture de toutes les Licences 3 "suspendues", càd débutant seulement en L3, le plus rapidement possible.
Notre diplôme est en principe habilité sur la période 2012-2015. Il s'agirait donc d'une fermeture immédiate, venant interrompre la période d'habilitation avant son terme.
On nous demande de proposer dès les jours qui viennent une solution alternative. Nous envisageons pour l'instant deux hypothèses :
- un parcours en science politique dans une licence en droit
- ou bien une Licence en science politique dès la L1, mais en sachant que nous devons raisonner à coûts constants... et donc chercher à mutualiser un maximum de cours avec d'autres disciplines, dans la limite de la compatibilité des emplois du temps notamment).
Le premier scénario serait sans doute le plus simple, mais il risque de nous priver d'une forme d'autonomie par rapport au droit, imposant aux étudiants des majeures en droit en nombre important, et nous empêchant de recruter en 3e année des étudiants n'ayant jamais fait de droit (or actuellement une bonne moitié de nos effectifs en L3 est constituée d'étudiants issus de classes prépas HEC et Khâgne, d'historiens, sociologues, étudiants d'AES, etc. Une source très importante d'enrichissement des profils étudiants.)
Nous ne nous attendions pas à devoir en quelques jours renoncer à notre diplôme, qui connaît un succès réel en termes d'effectifs par rapport à ses débuts (le seuil d'environ 80 étudiants, le maximum accepté, est désormais atteint). Mais lors des deux précédentes campagnes d'habilitation, nous avions déjà reçu des retours réservés du Ministère, avec comme arguments principaux : doublon avec l'IEP et l'IPAG de Rennes (ce qui est totalement faux, bien sûr, puisque nous n'avons ni les mêmes cours, ni les mêmes modes de recrutement) ; licence ne débutant qu'en 3e année, sans inscription dans un cursus complet (bref, déjà la question de la licence 3 "suspendue").
Nous sommes extrêmement mécontents de devoir fermer un diplôme qui marche bien et plus encore de devoir le faire dans une précipitation inacceptable et totalement imprévue.

Christine Guionnet
Responsable de la L3 science politique à la Faculté de droit et science politique de l'université Rennes 1

Université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines

L'équipe pédagogique de la L3 et les membres du département de science politique avaient fait le choix de ne pas demander le renouvellement de la L3 science politique malgré des effectifs en augmentation nette depuis 2 ans et en dépit de la satisfaction exprimée depuis de nombreuses années par les étudiant.e.s. Dans un contexte budgétaire tendu et devant les objectifs affichés de rationalisation de l'offre de licence, notre L3 dite "suspendue" apparaissait en effet menacée.
Un groupe de travail réuni sous l'autorité de la vice-doyenne de la faculté DSP a donc planché sur l'offre d'une unique licence de "droit et science politique". Au terme de 6 mois de travail, un équilibre satisfaisant pour l'ensemble des départements et proposant une offre simplifiée et adaptée aux étudiant.e.s a été trouvée : selon leurs choix d'options (une ou deux à chaque semestre) et de parcours (depuis le S5), la "licence de droit et science politique" devait permettre aux étudiant.e.s d'obtenir un diplôme dont 20% à 33% des ECTS relèveraient de la science politique.
Le référentiel ministériel met à bas l'ensemble des équilibres (disciplinaires, budgétaires, pédagogiques...) négociés au sein de la faculté et approuvés par l'université. En l'état actuel du référentiel, il ne serait possible d'habiliter qu'une licence "mention droit parcours science politique" et ce pour une minorité d'étudiant.e.s ayant choisi la science politique en S5. Sans compter que ce "parcours" n'apparaîtrait pas sur le diplôme des étudiant.e.s concerné.e.s. ..
Nous sommes donc très loin de la logique collective de diplôme unique de "droit et science politique" qui avait été la nôtre. Ce référentiel entraînerait même de fait la disparition de l'offre de licence en science politique à l'UVSQ. La reconnaissance du travail des EC et de la demandes des étudiant.e.s pour une formation reconnue en science politique est donc suspendue à l'intégration de la mention "droit et science politique" au référentiel ministériel.

Emmanuel Blanchard
Maitre de conférences en science politique
dir. du département de science politique
Université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines
CESDIP (UMR 8183 CNRS-Min. de la Justice-UVSQ)

Université de Franche-Comté

En réponse à l'appel à témoignages sur la place de la science politique dans les licences, je me permets de vous joindre ces quelques informations sur l'Université de Franche-Comté, UFR Sciences Juridiques Économiques Politiques et de Gestion.
Il n'existe pas de licence de science politique en bonne et due forme au sein de l'Université de Franche-Comté. Toutefois, la licence AES de la fac de droit (SJEPG) dispose d'un parcours en L3 intitulé "Études Politiques" qui peut être considéré comme un parcours dont la majeure est la science politique (notamment des cours sur les régimes politiques, les politiques sociales, etc.). Lors des discussions en fin d'année dernière avec la présidence de l'Université, il est apparu que ce parcours EP, qui attire depuis quelques années un faible nombre d'étudiants, est clairement menacé de suppression. Cette suppression poserait un énorme problème puisque le parcours de licence a justifié la création d'un MASTER (Action Politique et Politiques Publiques), qui attire lui beaucoup plus d'étudiant, pas forcément en provenance d'AES. Pour conserver la filière EP, les responsables de la licence AES ont donc fait le choix de répartir des suppressions d'heures de cours sur les trois parcours de licence (AGE, AGT, EP) et de mettre en place un cours magistral obligatoire (+ TD) de science politique en licence 2, qui n'existait pas, pour tenter de rééquilibrer la répartition des étudiants dans les filières. Nous sommes donc quelque peu suspendus à la décision des étudiants pour l'année prochaine et à ma propre capacité à les convaincre de l’intérêt d'une majeure en science politique... Autant vous dire que j'ai enseigné ce semestre sans la moindre pression...
Etant en poste depuis peu de temps, je ne dispose pas d'informations précises sur ce que l'AERES a pu exprimer sur la licence et les MASTER (rapports introuvables). Mais le maintien de la science politique en licence dépasse très largement l'enjeu des seules licences spécialisées...

Guillaume Gourgues
Enseignant chercheur en science politique
Université de Franche-Comté
UFR Sciences Juridiques, Économiques, Politiques de Gestion
Chercheur au CRJFC - Chercheur associé au laboratoire PACTE


Octobre 2011
L’OMASP, l’AFSP et l’AECSP vous mobilisent...

Des informations convergentes nous parviennent à propos des réticences de l'AERES et du Ministère de l'Enseignement Supérieur à envisager la réhabilitation de plusieurs diplômes de Licence 3 de science politique.
Cette situation est d'autant plus préoccupante que les conditions de réalisation des évaluations qui servent de fondement aux décisions de la DGESIP sont fort contestables puisque les comités d'évaluation de l'AERES ne comportent le plus souvent aucun politiste.
Face à cette situation très grave, l'AECSP et l'AFSP lancent une grande enquête pour faire remonter les informations localement éparpillées (rapport d'évaluation, composition des comités d'évaluation...). Ces informations nourriront la mobilisation que nos associations souhaitent engager au plus vite. Merci de nous répondre dès que possible.

Merci de communiquer toutes vos informations utiles à l'adresse suivante : omaspinfos@gmail.com
Très vite, les associations de la discipline prendront contact avec le Ministère pour défendre la place de l'enseignement de la science politique au niveau L.

Novembre 2011
L'AECSP (Association des Enseignants Chercheurs de Science Politique) et l'AFSP (Association Française de Science Politique) poursuivent la mobilisation avec l’envoi d’une lettre au Directeur de la section « Formation et diplômes » de l’AERES en date du 2 novembre 2011.

Pour soutenir cette mobilisation, vous pouvez signer ici pour témoigner de votre soutien au texte commun AECSP-AFSP :
http://www.petitions24.net/aecsp-afsp_mobilisation_pour_les_licences_de_science_politique

Décembre 2011
La Presse en parle...
AEF - agence d'informations spécialisées
7 décembre 2011, "Évaluation : deux associations s'inquiètent auprès de l'Aeres de « l'avenir des licences en science politique »"


Les témoignages reçus à l'automne 2011...

Merci de communiquer toutes vos informations utiles à l'adresse suivante : omaspinfos@gmail.com

Etablissement concerné
Informations & Documents
Rennes 1

En juin dernier, l'AERES a émis un avis "B". Et nous avons reçu début octobre l'avis suivant, celui de la DGESIP. Voici ce qu'écrit le rapport de la DGESIP, en émettant un avis "réservé" sur l'habilitation 2012-2016 : "Cette formation constituée par un seul L3 suspendu s'intègre mal dans l'architecture LMD. Au surplus, son débouché unique, le master de science politique, donne à cette formation un caractère tubulaire qui répond très mal aux exigences de généralité et de pluridisciplinarité (équipe,enseignements) que requiert un diplôme de niveau L." En bref, on nous reproche l'absence d'une L1 et d'une L2 (alors qu'il y a 15 ans c'est le Ministère qui a imposé la création de cette licence en 3e année dans notre faculté) et l'orientation des étudiants essentiellement vers des masters de science politique. Nous avons rencontré les vice-présidents de l'université Rennes 1 avec le doyen de la faculté de droit et science politique, et nous allons tenter de défendre la L3 auprès du ministère le 18 octobre prochain. Verdict à venir, donc... Si le ministère refuse la réhabilitation, nous essaierons de monter un parcours en science politique au sein de la licence en droit, mais deux défauts principaux sont évidents pour nous : nous y perdrons notre liberté de recrutement (la moitié de nos étudiants sont des non juristes) et nous devrons intégrer beaucoup de cours de droit, notamment en matières à TD, pour que les juristes acceptent le parcours, sachant que les étudiants auront du coup une licence en droit (fut-elle orientée "parcours science politique"). Notre licence marche mieux que jamais, tant en termes d'effectifs (87 étudiants cette année, soit le maximum envisageable chez nous) que de satisfaction exprimée par les étudiants en fin d'année. Elle doit néanmoins faire face, d'année en année, aux attaques de l'AERES, qui nous avait reproché, il y a quatre ans, d'être en concurrence avec l'IEP de Rennes et avec la Licence d'Administration Publique de l'IPAG.

Pour information, voici la maquette sur laquelle l'AERES s'est prononcée et son avis :
Télécharger la maquette...
Télécharger l'avis de l'AERES...

Informations transmises le 11/10/11 par Christine Guionnet, Maître de conférences en Science Politique. Membre du CRAPE – UMR CNRS 6051

Quelques nouvelles de la Licence de science politique (L3) à la faculté de droit et science politique de l'Université Rennes 1. Le ministère de l'enseignement supérieur a auditionné des représentants de Rennes 1, venus défendre plusieurs diplômes menacés de non réhabilitation. En ce qui concerne la licence de science politique, la réhabilitation a été obtenue pour 2012-2016. L'une des raisons de ce sauvetage de dernière minute tient aux délais très brefs qui nous étaient laissés pour imaginer une alternative (car il faut bien que nous ayons nos service en science politique). Reconduction donc.... mais il a été précisé que c'était "la dernière fois", et qu'après cela il nous faudrait envisager une autre solution, notamment une fusion avec la licence de droit, avec un parcours "science politique". Ce qui signifierait que les cours majeurs seraient des cours de droit, et que les étudiants pourraient choisir quelques cours optionnels en science politique, à hauteur de ce que nos collègues juristes de la faculté accepteront pour sauvegarder l'appellation "licence en droit" : dans la mesure où l'obtention de cette licence en droit ouvre la porte de certains concours, on nous a déjà prévenu qu'il faudra impérativement que les étudiants fassent du droit, beaucoup de droit .... et un peu de science politique en plus si bon leur chante. Quant à l'hypothèse de création d'une licence en science politique dès la L1, inutile d'y penser, c'est budgetairement totalement irréalisable chez nous. En bref, nous sommes soulagés pour cette fois-ci, mais l'avenir s'annonce sombre ! La mobilisation a tout intérêt à s'organiser au plan national, pour demeurer vigilant à chaque nouvelle vague de réhabilitation et si possible anticiper les coups durs. Bien cordialement, Christine Guionnet

Informations transmises le 07/12/11 par Christine Guionnet, Maître de conférences en Science Politique. Membre du CRAPE – UMR CNRS 6051

Lyon II

La formation, évaluée dans la vague A (l'année dernière), n'est pas touchée par la remise en cause des licences de science politique évoquée par plusieurs collègues d'autres établissements. La formation de Lyon 2 propose un licence complète (L1 à L3) en science politique qui a été évaluée "A" par l'AERES. Le seul point faible évoqué par le rapport concerne les dispositifs d'évaluation et une recommandation complémentaire suggère de renforcer l'équipe pédagogique. Le rapport est disponible ci-dessous. En complément, il faut également préciser que depuis cette évaluation par l'AERES, nous avons obtenu le rattachement de la filière de science politique à la Faculté d'Anthropologie et de Sociologie, désormais Faculté d'Anthropologie, de Sociologie et de Science Politique (rattachement effectif depuis la rentrée 2011). Au moment de l'évaluation, nous étions encore à la Faculté de Droit, mais il était déjà prévu que le M2 de Sociologie politique soit géré à la Faculté d'Anthropologie et de Sociologie.

Télécharger l'avis de l'AERES...

Informations transmises le 01/11/11 par Nathalie Dompnier, Professeure de science politique à l’université Lumière Lyon-2

Lyon III

A la Faculté de Droit de l'Université Jean Moulin Lyon III, une Licence de science politique existait lors du précédent contrat quadriennal 2003-2007. Au moment de son renouvellement et suite au processus d'évaluation alors en vigueur, ce diplôme a été remplacé par une Licence de Droit et de Science Politique (double majeure disciplinaire) dans le cadre du contrat 2007-2011. Elle a été reconduite pour le présent contrat quinquennal (2011-2016) : dès lors que l'Université et la Faculté la soutenaient, il ne semble pas qu'il y ait eu de difficulté majeure.

Télécharger l'avis de l'AERES...

En savoir plus sur cette formation "Licence droit et science politique" :
http://facdedroit.univ-lyon3.fr/licence-droit-et-science-politique-mention-science-politique-droit-315751.kjsp?RH=1305190882406&DETAIL=1

Informations transmises le 12/10/11 par David CUMIN (Université Jean Moulin Lyon III), responsable pédaogique de ce parcours.

Université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines

Vous trouverez ci-dessous :
- le rapport de l'AERES (vague D, 2009) pour la L3 de science politique de l'UVSQ.
- et également la réponse apportée par Thomas Clay, directeur de l'UFR de droit et de science politique.
Voici également les éléments de précision (et le relevé de erreurs des évaluateurs) donnés par Nicolas Kaciaf, alors responsable de la L3 droit et science politique, mention science politique.
« Trois motifs sont principalement mis en avant pour justifier l’évaluation moyenne de la licence de science politique (je mets de côté la question de la faible mobilité internationale). 1/ Le premier prête à sourire. En effet, ils indiquent que le taux de réussite est faible, de l’ordre de 60 %. Or nulle part dans le document qui leur a été transmis ne figure une telle proportion. Je me permets de copier-coller cet extrait de la maquette : Inscrits Présents Admis Taux de réussite (sur les inscrits) Taux de réussite (sur les présents) 2005-06 39 31 31 79% 100 % 2006-07 24 17 15 62,5 % 88 % 2007-08 40 33[1] 30 ou 31 75 % 91 % En fait, il semble qu’ils aient puisé ce taux de 60 % dans le tableau relatif à la poursuite d’études : en 2006 et 2007, environ 60 % des diplômés de la licence de science politique poursuivaient leurs études dans le département de science politique. Or leurs recommandations, reposant sur évaluation maladroite de la situation, visent à améliorer ce taux de réussite. Ils nous reprochent notamment un faible accompagnement des étudiants : à moins de répondre à leur place lors des examens, je ne vois pas trés bien comment nous pourrions augmenter un taux de réussite situé entre 88 % et 100 % des inscrits, alors même que le profil initial des étudiants est particulièrement diversifié (ce que souligne le rapport d’évaluation). 2/ Le deuxième argument est sans doute le plus solide : le faible nombre d’inscrits. Après quelques années de baisse effective, il semble pourtant que les inscriptions sont reparties à la hausse depuis la rentrée 2007. 3/ Le dernier argument critique évoque la faible ouverture sur le monde professionnel. Effectivement, les enseignements de cette troisième année de licence sont exclusivement assurés par des enseignants-chercheurs. Effectivement, il n’y a pas de stage obligatoire dans le cursus. Mais y a-t-il là matière à critique pour une licence qui constitue avant tout une année d’initiation à la science politique, cette discipline n’étant enseignée que modérement dans les deux précédentes années de droit ? Comment à la fois, en une seule année, fournir des bases théoriques et empiriques dans un domaine de savoir très diversifié et offrir une formation professionnalisante ? Les évaluateurs s’appuient là encore sur le supposé faible taux de réussite pour étayer leur: si les étudiants réussissent peu, c’est parce que la licence n’est pas ajustée à leurs niveaux / attentes. Par conséquent, pour prévenir cet échec universitaire, il faut les préparer rapidement au marché du travail. Or, d’une part, on l’a vu, le taux de réussite est bon. D’autre part, des discussions, certes informelles mais réguli’res, avec l’ensemble des étudiants montrent que la formation est conforme à leurs attentes : s’ils viennent en licence science politique, c’est justement pour acquérir des bases théoriques et méthodologiques leur permettant de compléter une formation technique (pour ceux issus des filières courtes), de préparer des concours (IEP, journalisme, fonction publique) ou d’anticiper l’entrée dans nos masters. Bref, j’ai surtout le sentiment que les évaluateurs se sont appuyés sur une grille d’évaluation préconçue (presque pavlovienne) et qu’avant même de lire nos rapports, leurs conclusions étaient déjà établies. »

Informations transmises le 14/10/11 par Emmanuel Blanchard Maitre de conférences en science politique Université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines CESDIP (UMR 8183 CNRS-Min. de la Justice-UVSQ)


En savoir plus...

 

Retrouver toutes les activités scientifiques et informations disciplinaires sur le site internet de l'AFSP :
http://www.afsp.msh-paris.fr